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  • Au moins, à Belsize je n'aurais plus à m'en faire pour les électrochocs. A Caplan beaucoup de femmes en recevaient. Je savais lesquelles, parce qu'elles ne recevaient pas leur plateau de petit déjeuner en même temps que nous. Elles allaient aux séances d'électrochocs pendant que nous déjeunions dans nos chambres. Après, conduites par des infirmières comme des enfants, elles rentraient dans le salon, calmes et épuisées pour prendre leur petit déjeuner. Chaque matin quand j'entendais l'infirmière frapper avec mon plateau, un immense soulagement m'envahissait, je me savais hors de danger pour la journée. Je n'arrivais pas à comprendre comment le docteur Nolan pouvait affirmer que l'on s'endormait pendant une séance d'électrochocs, à moins d'en avoir subi elle-même. Comment aurait-elle pu savoir que l'on avait seulement l'air de dormir, mais qu'en fait pendant toute la séance on ressentait les volts bleus et tout ce bruit. (p.224)  

    (...)

    Je me suis accroupie dans le coin le plus éloigné avec la couverture par-dessus la tête. Ce qui me faisait le plus mal, ce n'était pas la séance d'électrochocs, mais la trahison ouverte du docteur Nolan. J'aimais le docteur Nolan, je l'adorais. Je lui avais offert ma confiance sur un plateau d'argent, je lui avais tout raconté, et elle m'avait promis fidèlement de me prévenir à l'avance si jamais je devais recevoir un nouveau traitement par électrochocs. Si elle m'avait prévenue la veille au soir, je n'aurais évidemment pas fermé l'oeil de la nuit, remplie de peur et d'épouvantables pressentiments, mais le matin, je me serais résignée et préparée. J'aurais longé le couloir entre deux infirmières, passant la tête haute devant Deedee, Loubelle, Joan et Mme Savage comme quelqu'un de calmement résigné qui marche vers la chambre des tortures. (p.230)      


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  • Louise Desbrusses / écrivain / autour de l'écriture chorégraphique de Deborah Hay

    I THINK NOT

    3 et 4 avril 2012 - 20:30 - Le colombier (Bagnolet). 

    Chorégraphie : Déborah Hay

    Adaptation et performance #1 : Stéphanie Moitrel
    Adaptation et performance #2 : Louise Desbrusses Musique : Hilary Jeffery

    Quelle est l’invisible performance du corps de l’écrivain dont le texte est la trace, se demandait Louise Desbrusses quand elle a rencontré l’écriture chorégraphique de Deborah Hay ? Et si l’on plongeait le corps de l’écrivaine dans l’écriture de la chorégraphe ? s’est demandé Louise Desbrusses qui adapte et interprète « I think not », solo chorégraphié par Deborah Hay dans le cadre du Solo Performance Commissioning Project (SPCP 2011).

    LE COLOMBIER 20, rue Marie-Anne Colombier 93170 Bagnolet Tél : 01 43 60 72 81 

    Dans le cadre du festival Concordanse


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