• Les mots des autres

    Puisque langue vive, revue que j'éditais avec Ben Arès et David Besschops est en standbye, et que cette activité de transmission me manque, j'ai décidé de créer ici une plate-forme d'édition pour poursuivre ce travail réalisé pendant deux ans, au cours desquels ont été publiés des auteurs aussi différents que Jude Stéfan, Tom Nisse, François Jacqmin, Josep Palau I Fabre, Linda Maria Barros, Marie Cosnay, Michel Bulteau, Christian Hubin, Harry SzpilmannRené de Ceccaty, Serge Delaive, etc. 

    Les biobibliographies se trouvent dans la rubrique Auteurs. Simplement.

    Bonne lecture !

  •  L'extrait qui suit fait partie d'un texte à paraître dans la revue bordelaise Le Festin.

         Il traite des barthes de l'Adour, ces quelques 12000 hectares de prairies humides au biotope particulier situées entre Mugron (dans les Landes) et l’embouchure de l’Adour (à Bayonne). Un paysage précieux, écrit Serge Airoldi, une frontière qui bénéficie des limons nourriciers et qui fait un lien entre les terres hautes et le fleuve que les hommes ont su conquérir avec humilité depuis le XVIIè siècle.


    Extrait de "Dans le long empire des eaux" de Serge Airoldi

     

         "... Y aller encore et encore, près des chevaux, ou loin d’eux, vivre à la distance qu’ils choisissent, zoom avant, zoom arrière. Voir les chevaux de Saubusse qui indiquent la météorologie selon qu’ils se réfugient le soir à l’est du grand rectangle vert (beau lendemain), à l’ouest de la barthe (pluie annoncée) ou encore en son plein centre alors que le soleil règne en majesté (orage imminent fort possible).

         Voir les chevaux que l’on sélectionne un soir pour les comices du samedi suivant. Soudain, une femme surgit dans le paysage en guidant une énorme jument par le licol. Des chevaux suivent, nerveux, puis d’autres, poussés par les cris de deux jeunes gens. Il fait lourd, les chevaux ont compris qu’ils vont au corral, au dérangement. A la fermeture. Le plus vieux de la compagnie des hommes me tend un bâton, me demande de me poster sur le « pont du diable » pour empêcher le passage de la cavalerie libre. Je suis là, seul de mon corps, de mon âme et les chevaux, émancipés des hommes, m’évitent. On me dit merci. C’est tout. Et ça suffit. Le temps d’un galop, d’un bâton serré dans la main, d’une palpitation de bonheur au cœur, j’ai retrouvé l’ardeur de l’enfance quand la mission du bétail à canaliser vers l’étable était la plus grande chose du monde à accomplir..."

     


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  • Ricardo Domeneck - "Six Songs of Causality" during solo performance at the Espai d´Art Contemporani de Castelló, district of Valencia, Spain. July 31st, 2009. Text and voice by Ricardo Domeneck.

    "The poor poet (after Carl Spitzweg)", DV, stereo, 3:03, 2010. Textual video, reenactment of Carl Spitzweg´s 1839 painting "Der arme Dichter", from the German Late Romantic/Biedermeier epoch. Text based on original lines mingled among intertextual appropriation and deformation of lines by Vladimir Mayakovsky, John Keats, Ludwig Wittgenstein, George Oppen, Gertrude Stein, Zbigniew Herbert and Konstantinus Kavafis. Video, text and voice: Ricardo Domeneck, 2010. Very welcome sound editing assistance from Uli Buder.


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