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chercher des formes nouvelles
Par neentoi dans Petits plaisirs le 20 Février 2012 à 14:33Annie Ernaux, dans L'écriture comme un couteau, superbe :
Faut-il se déterminer toujours par rapport au "roman" ? Ce qu'on appelle roman ne fait plus partie de mon horizon. Il me semble que cette forme a moins de véritable action sur l'imaginaire et la vie des gens (il ne faut pas confondre effet médiatique et effet de lecture, même s'ils semblent se confondre pour l'instant). Les prix littéraires continuent de consacrer le roman à tour de bras - ce qui est moins une preuve de sa vitalité que de son caractère institutionnalisé - mais quelque chose d'autre est en train de s'élaborer, qui est à la fois en rupture et en continuité avec avec des oeuvres majeures de la première moitié du XXème, celle de Proust, de Céline, les textes surréalistes. Je tiens Nadja pour le premier texte de notre modernité.
Dans les manuels de littérature, dans les sujets du bac ou du CAPES de lettres, on fait comme si "le roman" avait une essence, on demande de disserter dessus "à l'aide d'exemples". Dans les propos courants sur les livres, le mot "roman" circule avec un sens de plus en plus étendu. Il y a des défenseurs hystériques de la "fiction". Mais au bout du compte, le label, le genre n'ont aucune importance, on le sait bien. Il y a seulement des livres qui bouleversent, ouvrent des pensées, des rêves ou des désirs, accompagnent, donnent envie d'écrire soi-même parfois. Les confessions de Rousseau, Madame Bovary, A la recherche du temps perdu, Nadja, Le procès de Kafka, Les choses de Perec, ont perdu depuis longtemps leur étiquette, si tant est qu'ils en aient eu une.
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