• Césarine de nuit est sur le point de sortir.

    En attendant, voici la 4ème de couverture...

    « Un texte dur avec des mots doux » dit de Césarine de nuit Antoine Wauters. On ne saurait mieux exprimer le trouble qui saisit le lecteur à mesure qu'il avance dans ce conte cruel. Césarine et Fabien sont deux jumeaux, issus d'une famille paysanne, que leurs parents abandonnent. Ce n'est pas tant leur périple d'enfants perdus, fuyards tôt « repris en main », traînés d'institution en asile qui nous retient : c'est la violence de la traque et des traitements qu'on leur inflige pour les faire rentrer dans l'ordre. On a tôt fait de comprendre que l'enjeu de ce récit dépasse de loin la simple compassion pour une innocence martyrisée. Ce que l'Autorité mystérieuse et impitoyable qui met Césarine et Fabien en prison cherche à corriger en eux, c'est leur indocilité, leur faim de vie libre, leur nature non conforme. Et le conte se mue en réquisitoire implacable contre un monde, le nôtre, qui s'acharne par des moyens très légaux sur ce qui ne se soumet pas à ses lois et ses normes. En ces enfants, c'est le désir qu'on assassine. Jean-Pierre Siméon 

    En France, le livre sort officiellement le 1er mars.

    En Belgique, voici les libraires où il sera distribué :

    Fnac
    Rue Neuve, 123 B-1000 Bruxelles
    02 275 11 11
    Quartiers latins
    Place des Martyrs, 14 B-1000 Bruxelles
    02 227 34 00
    Tropismes
    Galerie des Princes, 11 B-1000 Bruxelles
    02 512 88 52
    Livres au trésor
    Rue Sébastien-Laruelle, 4 B-4000  Liège
    04 250 38 46
    André Leto
    Rue d'Havré, 35 B-7000 Mons
    06 531 53 18
    Florilège
    Rue du Grand Jour, 16 B-7000 Mons
    Point Virgule
    1, rue Lelièvre B-5000 Namur
    08 122 79 37
    Chantelivre
    rue de la Wallonie, 27 B-7500 Tournai
    06 984 44 13

    2 commentaires
  • A quelques jours de la sortie de Césarine de nuit, me vient soudain l'envie de dire comment, par quoi, dans quel contexte ce texte m'est venu.  

    Genèse de Césarine de nuit

    On était en mai 2007, il faisait une chaleur accablante et les chaînes de télé, belges et françaises, n’avaient à la bouche que les mots Sarkozy Nicolas, Sarkozy Président, Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa venant en effet d’être élu président avec 56, 03% des voix. 

    Quelques jours plus tôt, une revue m’avait demandé un texte portant sur le thème des « accidents de travail ».

    L’échéance approchait à la vitesse grand V, mais, peut-être parce qu’à l’époque j’étais bénéficiaire d’allocations de chômage, peut-être à cause de la chaleur, je n’avais pas la moindre idée de ce que j'allais écrire. Accident de travail…

    Je sortis prendre l’air.

    Le long de la Meuse, un homme d’une quarantaine d’années lit un bouquin – un Gallimard collection Blanche. Excepté le fait qu’il relève ça et là la tête pour fixer une péniche, une fille qui passe ou une pensée fuyante, la lecture l’absorbe entièrement et je trouve beau, apaisant même, ce spectacle qu’il offre.  

    Plus loin, mais se rapprochant, un policier marche sur le quai. Lorsqu’il arrive à la hauteur du type, le regard qu’il lui décoche est d’une telle violence, haineuse et pleine de reproches - dire que je bosse pendant que lui se la coule douce ! – que, un instant, j’ai l’impression qu’il va le cogner, sortir sa matraque et cogner vraiment.  

    Quand passe un second policier quelques minutes plus tard, s’arrêtant devant le type qui lit, tournant autour du banc à la recherche, sans doute, de dope ou d’explosifs sous la couverture blanche - terrible est l'imaginaire des agents de l'ordre - j’ai la même impression, la même peur qu'il le cogne. 

    genèse de Césarine de nuit

    De retour chez moi, je regarde Sarkozy Nicolas de Nagy-Bocsa triompher à la télé, quand me vient la certitude de tenir le sujet du texte que m’avait commandé la revue. Il porterait non pas sur les accidents du travail, mais bien du non-travail…

    Avril 2008 : le texte est écrit et publié depuis plusieurs semaines déjà, or l’attitude des policiers continue de me trotter dans la tête, largement stimulée par les premières mises en application de la politique de Sarkozy - les faits sont connus, je ne m'éternise pas. Je décide d’aller plus loin. Le soir même, j'entame la rédaction de Césarine de nuit.

    La nuit point. Césarine ouvre l’œil…

    Plus j’avançais, plus je me disais que ce je voulais parvenir à écrire était un texte dur avec des mots doux. Un texte de dénonciation, impitoyable, un texte contre, mais qui ne serait pas fait de la même étoffe que les textes de dénonciation qu’on peut lire d’ordinaire. Césarine serait fait de laine, de vase et de poussière de salsepareille et de micocoulier, écrit dans une langue poétique proche de celle des contes (Le Petit Poucet et Hansel et Gretel en tête), mais proféré par un « on » ne l’utilisant que pour mieux la traquer et en anéantir les effets de liberté, au profit d’un modèle où l’oubli de soi dans l’entreprise, dans le travail, est promu valeur des valeurs.

    Par sa forme en carré, chaque texte symboliserait une prison miniature, qui en s’additionnant aux autres en formerait une beaucoup plus grande, à l’échelle sociétale celle-là, et au sein de laquelle on retrouverait nos jumeaux, Césarine et Fabien, enfants déracinés, abandonnés par leurs parents, ainsi que toutes les figures contemporaines de ce qu’on pourrait appeler la « marginalité » : migrants et migrantes, sans-papiers, insurgés, penseurs, paysans, artistes, poètes. Une immense prison dans laquelle tous se retrouveraient et où tous, peu à peu, réapprendraient les codes d’une vie commune pour l’essentiel basée sur le travail…

    Voilà pour la partie causale, explicative…

    Tout le reste a surgi.


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  • Annie Ernaux, dans L'écriture comme un couteau, superbe :

    Faut-il se déterminer toujours par rapport au "roman" ? Ce qu'on appelle roman ne fait plus partie de mon horizon. Il me semble que cette forme a moins de véritable action sur l'imaginaire et la vie des gens (il ne faut pas confondre effet médiatique et effet de lecture, même s'ils semblent se confondre pour l'instant). Les prix littéraires continuent de consacrer le roman à tour de bras - ce qui est moins une preuve de sa vitalité que de son caractère institutionnalisé - mais quelque chose d'autre est en train de s'élaborer, qui est à la fois en rupture et en continuité avec avec des oeuvres majeures de la première moitié du XXème, celle de Proust, de Céline, les textes surréalistes. Je tiens Nadja pour le premier texte de notre modernité.

    Dans les manuels de littérature, dans les sujets du bac ou du CAPES de lettres, on fait comme si "le roman" avait une essence, on demande de disserter dessus "à l'aide d'exemples". Dans les propos courants sur les livres, le mot "roman" circule avec un sens de plus en plus étendu. Il y a des défenseurs hystériques de la "fiction". Mais au bout du compte, le label, le genre n'ont aucune importance, on le sait bien. Il y a seulement des livres qui bouleversent, ouvrent des pensées, des rêves ou des désirs, accompagnent, donnent envie d'écrire soi-même parfois. Les confessions de Rousseau, Madame Bovary, A la recherche du temps perdu, Nadja, Le procès de Kafka, Les choses de Perec, ont perdu depuis longtemps leur étiquette, si tant est qu'ils en aient eu une. 

     


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  • 16 heures, fine bruine - même pas pluie.

    La pression d'hier est retombée, dans les jambes comme toujours, puis dans le reste du corps. L'écriture comme un couteau : j'ouvre le livre au hasard et retombe sur ces lignes qui, après le petit boom médiatique d'hier, font particulièrement sens pour moi. Voici.

    Annie Ernaux - L'écriture comme un couteau

    " Pendant une année environ, sans régularité particulière, Frédéric Yves-Jeannet m'a envoyé par e-mail un ensemble de questions et de réflexions. Il était rare que je réponde immédiatement. Entre le libellé d'une question et ce qu'on croit écrire s'étend un espace angoissant, voire menaçant. Lors d'un entretien oral, même mené avec lenteur, on s'efforce de l'ignorer et de la franchir avec plus ou moins d'aisance et de rapidité, affaire d'habitude. Là, je pouvais prendre le temps d'apprivoiser cet espace, de faire surgir du vide ce que je pense, cherche, éprouve quand j'écris - ou tente d'écrire - mais qui est absent quand je n'écris pas. Une fois que j'avais l'impression d'avoir saisi quelque chose d'un peu sûr, je me lançais à écrire directement ma réponse sur l'ordinateur, sans notes et avec le minimum de corrections, selon la règle du jeu que je m'étais imposée."


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  • FOREST - CY TWOMBLY

    Cy twombly - Forest (Lexington 2000)

    Antoine Wauters : "Poésie pour Cy Twombly" by lesoir


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